L’administration Trump ne fait aucun cadeau à la Fifa – et la Fifa, elle, ne se fait plus prier. La commission de discipline vient de transformer la suspension ferme de Folarin Balogun en sanction avec sursis, assortie d’une période probatoire d’un an. Traduction sportive : l’attaquant américain, expulsé mercredi contre la Bosnie-Herzégovine pour un geste dangereux sur la jambe de Tarik Muharemovic, jouera bien lundi le 8e de finale face aux Diables rouges. Une décision arrachée, selon plusieurs sources, après l’intervention directe du président américain auprès du patron de la Fifa lui-même.
La mécanique est désormais connue. Marco Rubio dénonce une arbitrage inique, Trump monte au créneau sur Truth Social, la Fifa recule. Cette fois, le président a même remercié l’instance d’avoir « réparé une grande injustice ». La Fédération belge, elle, n’a pas mâché ses mots : « stupéfaite » par une décision qui prive ses adversaires d’une sanction pourtant validée sur le terrain.
Ce n’est plus un simple fait divers arbitral, c’est un symptôme. Quand les intérêts américains sont en jeu, les règles deviennent soudain négociables. Et pendant que Washington réécrit les sanctions sportives à sa convenance, plusieurs dossiers sensibles touchant certains dirigeants de la Fifa dorment, dit-on, bien au chaud dans les tiroirs des services de renseignement américains. Infantino le sait mieux que quiconque : face à un Trump toujours aussi imprévisible, mieux vaut courber l’échine que défendre des principes qui, de toute évidence, ne pèsent plus grand-chose face à la puissance américaine.

