Le choc entre le FC Barcelone et l’Atlético de Madrid se jouera ce soir sans Ronald Araujo. Le défenseur uruguayen, touché psychologiquement depuis son expulsion face à Chelsea, a demandé à son club de se mettre en retrait pour une durée indéterminée.

Hansi Flick, d’abord évasif en évoquant de simples problèmes gastriques, a finalement clarifié : « Ronald n’est pas prêt à jouer. C’est une situation privée. Je demande du respect », a-t-il lancé. Depuis, le capitaine blaugrana a disparu des terrains… mais pas des discussions internes.

Une crise profonde sous la surface

En accord avec ses agents, Araujo a sollicité une mise à l’écart temporaire. Physiquement, rien à signaler. Mentalement, c’est une autre histoire. La tempête médiatique qui s’est abattue sur lui après sa faute fatale à Stamford Bridge l’a profondément marqué. Violemment critiqué en Espagne, le leader défensif du Barça traverse un véritable effondrement intérieur.

Pour éclairer la situation, Sport a sollicité Xesco Espar, spécialiste de la santé mentale dans le sport de haut niveau. Celui-ci explique que le malaise d’Araujo touche à la fois « sa dimension mentale et sociale, comme le définit l’OMS ». Selon lui, le joueur fait face à « un problème que nous ne voyons pas de l’extérieur ».

Un conflit identitaire qui le paralyse

Espar est formel : le capitaine blaugrana est plongé dans une crise d’identité. « Il sait qu’il a commis une erreur lourde de conséquences envers son équipe. Cela touche son sentiment de légitimité », analyse-t-il. Cette remise en question constante perturbe totalement son jeu, jusqu’à provoquer une forme de blocage.

« Il est paralysé, comme un joueur qui souffrirait d’une cheville enflée. Sauf qu’ici, c’est l’anxiété qui l’empêche de lire le jeu. Son dialogue intérieur est abîmé. Il se demande s’il a encore sa place au Barça », détaille l’expert.

À ce stade, impossible de dire si Araujo rejouera avant la fin de l’année 2025. Le processus de reconstruction pourrait être long.

Comment l’aider à remonter la pente ?

Pour Espar, la guérison passera par un travail personnel… mais aussi collectif. Il recommande au joueur un protocole clair : « Arrêter de se demander s’il est prêt, reformuler la situation comme un défi et non une critique, sortir de l’idée que, parce qu’il est capitaine, il n’a pas le droit à l’erreur. »

Mais le rôle du vestiaire sera déterminant : « La confiance est comme une table : plus elle a de pieds, plus elle est stable. L’équipe doit l’encourager, le féliciter quand il réussit une action, l’aider à accumuler des micro-victoires. Tout ne se joue pas dans un bureau. »

Le Barça saura-t-il entourer son capitaine pour lui redonner confiance ? Une certitude : l’avenir d’Araujo ne dépend plus seulement de son niveau de jeu, mais de sa capacité à apaiser la tempête intérieure qui l’habite.

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