En juillet 2018, Samuel Umtiti est au sommet de sa gloire. Auteur du but décisif face à la Belgique en demi-finale, il entre dans l’histoire en aidant l’équipe de France à conquérir sa deuxième étoile mondiale.
Aux côtés de Raphaël Varane, il incarne la solidité défensive des Bleus. Mais derrière ce triomphe se cache un sacrifice lourd de conséquences : son genou gauche, déjà fragile, a été maintenu à flot grâce à des infiltrations. Le FC Barcelone, alors son club, l’avait pourtant mis en garde. Mais pour Umtiti, l’appel du Mondial était irrésistible.
Ce choix a marqué un tournant irréversible. À peine revenu en Catalogne, les douleurs réapparaissent. Son rendement baisse, son statut de titulaire s’effrite, et les critiques fusent. Petit à petit, le Barça, qui avait investi près de 25 millions d’euros pour le recruter à Lyon en 2016, perd patience. Ses entraîneurs successifs, de Valverde à Koeman, finissent par l’écarter du projet sportif. L’un des défenseurs les plus prometteurs d’Europe, alors âgé de seulement 24 ans, plonge dans un tunnel dont il ne sortira jamais vraiment.
La descente est brutale : matchs disputés au compte-gouttes, confiance perdue, image écornée auprès des supporters. En 2022, une porte de sortie s’ouvre enfin avec un prêt en Serie A, à Lecce. Là, Umtiti retrouve un peu de plaisir et enchaîne quelques prestations convaincantes. Mais le mal est fait : les grands clubs n’osent plus miser sur un joueur dont la carrière a été plombée par des blessures chroniques. La saison dernière à Lille, il n’a disputé que six bouts de matchs. Triste fin.
Aujourd’hui, à 31 ans, le champion du monde est face à un dilemme. Libre de tout contrat, il s’est fixé jusqu’au 10 septembre pour décider s’il poursuit ou met un terme à sa carrière. Dans les coulisses, peu d’offres concrètes arrivent. Sa fragilité physique refroidit les prétendants. L’histoire de Samuel Umtiti est celle d’un immense talent, brisé par un choix à court terme, celui de tout donner pour une Coupe du monde.
Sept ans après la gloire de Moscou, le constat est amer : Umtiti a payé le prix fort. Champion du monde, certes, mais au prix d’une carrière quasiment sacrifiée. Si la retraite se confirme, elle viendrait sceller un destin aussi glorieux qu’inachevé.
Anne-Marie Gauchet

