Dans la nuit andalouse, le FC Barcelone a fait bien plus que remporter une 32ᵉ Coupe du Roi. En battant le Real Madrid (3-2) au terme d’une finale électrique, les Catalans ont signé un triomphe de leur philosophie retrouvée, sublimée par Hansi Flick. Et ouvert grand la porte à un quadruplé historique.
Un quadruplé à portée de main
Déjà vainqueur de la Supercoupe d’Espagne et désormais de la Coupe du Roi, leader de Liga avec quatre points d’avance sur son grand rival, et encore en lice en Ligue des Champions (à la veille d’une demi-finale aller cruciale face à l’Inter Milan au stade olympique de Montjuïc), le FC Barcelone peut rêver grand. Immense. Le quadruplé, si rare et si convoité, n’a jamais semblé aussi accessible. Dans ce printemps 2025, chaque victoire du Barça résonne comme un pas de plus vers la légende.
La revanche d’une philosophie
Porté par Hansi Flick, le Barça a retrouvé son essence : un jeu de possession intelligent, des sorties de balle propres, un pressing intense à la perte. Face au Real, c’est cette idée de football, patiemment réinstallée par l’Allemand depuis son arrivée, qui a triomphé. Avec Gavi, Pedri et De Jong à la baguette, le Barça a dicté le tempo. Et même dans les moments de tempête, quand le Real poussait par à-coups, la foi dans le jeu n’a jamais vacillé.
Un Real Madrid en perte d’élégance
Si le Barça a conquis la gloire, le Real Madrid, lui, a perdu plus que la finale : il a perdu en stature. Déjà miné par ses contestations avant-match sur la désignation de l’arbitre, en agitant même la menace absurde de boycotter la finale, le club merengue a enlaidi l’événement. Sur le terrain, malgré un arbitrage plutôt favorable — un penalty oublié pour Barcelone et des fautes madrilènes largement sous-sanctionnées —, les hommes de Carlo Ancelotti n’ont pas su imposer autre chose qu’une fébrilité nerveuse.
Un sacre historique
À Séville, l’histoire s’est écrite en lettres blaugrana. Car avec cette 32ᵉ Coupe du Roi, Barcelone s’offre aussi un trophée symbolique : celui qui scelle définitivement la propriété du titre, après ce nouveau sacre.
Auparavant, seule une écurie qui était parvenue à remporter trois éditions d’affilées, ou cinq en l’espace de dix saisons, pouvait garder la coupe, et ainsi l’exposer dans l’endroit de son choix. Mais à partir de maintenant, elle pourra en bénéficier indéfiniment, peu importe son palmarès. Autre nouveauté, qui découle de ce changement : chaque édition aura désormais son trophée exclusif. On peut donc s’attendre à d’autres designs au cours des saisons à venir. Ce sacre est une récompense pour un groupe jeune, talentueux, mais surtout cohérent. Un groupe qui, après des années d’errance tactique, a retrouvé un chemin clair, une identité solide.
Et maintenant, l’Europe
L’heure est désormais à la Ligue des champions. Face à l’Inter Milan, ce mercredi à Barcelone, le souvenir douloureux de 2010 plane encore. Mais ce Barça-ci, celui d’Hansi Flick, celui de l’audace et du sang-froid, peut transformer les traumatismes en revanche éclatante. Avec 12 joueurs formés à la Masia lors de cette finale, Flick a redonné au club catalan sa grandeur dans un contexte économique de recession. Ce quadruplé en devenir n’est plus seulement un rêve : il est devenu une ambition légitime.
Alejandro Valente (Barcelone)

