A la tête de l’équipe du Qatar, Félix Sanchez est un pur produit de l’école barcelonaise. Il a transformé la sélection qui ouvre, ce dimanche 20 novembre, la Coupe du monde face à l’Équateur, pour la première participation de son histoire à cette compétition. Avec Xavi, autre figure des Blaugrana, le Qatar a bénéficié de l’influence du Barça, et pas seulement dans le jeu.
Il a toujours vu plus vite que les autres, illuminé l’entrejeu de son œil alerte. L’anecdote n’a pas seulement fait le tour de la péninsule. Elle a surtout renforcé sa légende à Doha, où il a rapidement gommé les clichés d’une retraite dorée, en posant ses valises en 2015, après vingt-cinq ans de vie à Barcelone et avec un contrat de dix millions d’euros par an. Jusqu’ici, les stars de foot étaient davantage perçues comme des ambassadeurs, décrypte José Rodrigues. Xavi, c’est l’exception. Il a été impliqué dans une véritable politique de développement. Son héritage est énorme.
Il est bien placé pour en témoigner. Ce préparateur physique, arrivé dans les bagages de Gérard Gili en 2009 pour développer une direction technique nationale, est autant un pionnier qu’un rescapé des vagues d’entraîneurs français passés par Doha. Il a assisté à la structuration du football qatari, avec la Coupe du monde en toile de fond. Il a surtout été un spectateur privilégié du rôle actif des Espagnols, dont Raul, l’ancien buteur du Real, avait ouvert la voie. Avec Xavi, ils ont apporté autre chose que leurs qualités de footballeur. Ils ont offert une vision et se sont vraiment impliqués.
Xavi prédit le sacre du Qatar en coupe d’Asie
Visionnaire sur un terrain de football, Xavi est aussi devin en dehors. C’était en décembre 2018. Sur la chaîne qatarienne Al Kass, le milieu et futur entraîneur d’Al-Sadd prédisait la victoire inattendue du Qatar, deux mois plus tard, en finale de la coupe d’Asie, le premier titre de son histoire. Mieux, l’ancien chef d’orchestre du Barça avait trouvé l’adversaire, le Japon, mais aussi sept des huit quart-de-finalistes.
Il a toujours vu plus vite que les autres, illuminé l’entrejeu de son œil alerte et averti. Visionnaire sur un terrain de football, Xavi est aussi devin en dehors. C’était en décembre 2018. Sur la chaîne qatarienne Al Kass, le milieu et futur entraîneur d’Al-Sadd prédisait la victoire inattendue du Qatar, deux mois plus tard, en finale de la coupe d’Asie, le premier titre de son histoire. Mieux, l’ancien chef d’orchestre du Barça avait trouvé l’adversaire, le Japon, mais aussi sept des huit quart-de-finalistes.
L’anecdote n’a pas seulement fait le tour de la péninsule. Elle a surtout renforcé sa légende à Doha, où il a rapidement gommé les clichés d’une retraite dorée, en posant ses valises en 2015, après vingt-cinq ans de vie à Barcelone et avec un contrat de dix millions d’euros par an. Jusqu’ici, les stars de foot étaient davantage perçues comme des ambassadeurs, décrypte José Rodrigues. Xavi, c’est l’exception. Il a été impliqué dans une véritable politique de développement. Son héritage est énorme.
Il est bien placé pour en témoigner. Ce préparateur physique, arrivé dans les bagages de Gérard Gili en 2009 pour développer une direction technique nationale, est autant un pionnier qu’un rescapé des vagues d’entraîneurs français passés par Doha. Il a assisté à la structuration du football qatari, avec la Coupe du monde en toile de fond. Il a surtout été un spectateur privilégié du rôle actif des Espagnols, dont Raul, l’ancien buteur du Real, avait ouvert la voie. Avec Xavi, ils ont apporté autre chose que leurs qualités de footballeur. Ils ont offert une vision et se sont vraiment impliqués.
« Un Guardiola bis »
Égérie de la banque nationale, Xavi n’était pas seulement le père attentionné croisé à l’école maternelle de sa fille, le fidèle client du Bibo, ce restaurant espagnol de Doha, ou le soutien précieux du projet caritatif Generation Amazing. Il était aussi celui qui murmurait à l’oreille de Jassim, le patron du sport au Qatar. Comme pour inviter à multiplier les rassemblements de la sélection, à disputer davantage de matches à l’étranger, quand il ne participait pas activement à certaines sessions d’entraînement à Aspire, le Clairefontaine du Qatar. Il a mis sa pierre à l’édifice, il voit très loin. C’est un Guardiola bis », assure José Rodrigues.
Pour l’homme aux quatre titres de champion en tant que joueur, aux sept trophées conquis sur le banc d’Al Sadd, l’histoire avait pourtant mal débuté. Une saison d’apprentissage ponctuée à la 3e place et marquée par des appels à la démission de supporters. Je n’avais jamais vu une équipe d’Al Sadd aussi médiocre, rembobine José Rodrigues. Ils prenaient beaucoup de buts, n’importe quel coach aurait été dégagé au bout de trois mois.
Avant de revenir au Barça, Xavi aura établi un record de matches consécutifs sans défaite, un bilan favorable de 69 % de victoires et une vraie identité de jeu, toujours en place. Comme le Barça des belles années, sa formation a brillé grâce à son jeu porté sur la possession (66 % du temps de jeu) et la vitesse de transition. Comme la sélection, entraînée par Félix Sanchez depuis 2018, un autre élève de l’école barcelonaise.
Une génération qu’il a façonnée
L’ancien de la Masia, le centre de formation du Barça, est arrivé à Doha en 2006, intégrant Aspire deux ans seulement après sa création. Il maîtrise tous les rouages du système, mais connaît aussi parfaitement les joueurs. À la tête des U19, des U20 puis des U23, il a permis aux premiers de soulever la Coupe d’Asie en 2014. Avec la sélection, et ce qui s’est passé avec le hand, on fabule, mais la réalité est tout autre,analyse Alexandre Farhi, ancien préparateur physique du FC Nantes, qui a passé sept ans à Aspire. Ces joueurs, cela fait des années qu’ils sont au Qatar. »
Ils composent aujourd’hui l’ossature de la sélection. Parmi les vainqueurs de 2019, onze joueurs avaient moins de 23 ans. On venait de rater la qualification pour le Mondial russe et il y a eu une grosse remise en cause, se souvient Karim Boudiaf, le milieu de terrain des Bordeaux. En arrivant, il intègre la nouvelle génération et procède à beaucoup de changements. Le but, c’était de construire l’équipe pour 2022. »
Son parcours est assez unique et en fait un sélectionneur atypique. C’est rare, assure Valter di Salvo, le directeur de la performance à Aspire.On lui a laissé du temps et ça a beaucoup de valeur. Il a su amener une touche espagnole dans un jeu de passes, mais aussi dans la compréhension d’un match. » En mars dernier, on l’avait croisé après un nul décroché contre la Slovénie. Il avait dit : J’ai vu tout le processus de mise en place et j’y suis dès le départ. On veut atteindre notre meilleur niveau pour avoir le meilleur résultat possible. Il y a beaucoup d’enthousiasme, tout le pays est derrière l’équipe nationale. Je suis ravi de ce soutien. Il en aura besoin. Depuis l’Italie en 1934, le Qatar est le premier pays à organiser une épreuve à laquelle il n’a jamais participé.
ouest-france.fr

